Le Mont-Saint-Michel est une commune française, située dans le département
de la Manche et la région Basse-Normandie. Elle tire son nom d'un îlot
rocheux dédié à saint Michel et où s'élève
aujourd'hui la célèbre et majestueuse abbaye du mont Saint-Michel.
L'architecture prodigieuse du mont Saint-Michel et sa baie en font le site
touristique le plus fréquenté de Normandie et le troisième
de France (après la tour Eiffel et le château de Versailles) avec
quelque 3 200 000 visiteurs chaque année. Une statue de saint Michel
placée au sommet de l'église abbatiale culmine à 170 mètres
au-dessus du rivage. Classé monument historique en 1874, le site figure
depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Ses habitants sont appelés les Montois.
Nota : Attention au tiret ! En effet, un tiret permet de différencier
le nom du mont lui-même et celui de la commune : « mont Saint-Michel
» pour le rocher insulaire ; « (le) Mont-Saint-Michel » pour
la commune. Les éléments propres à l'abbaye, son histoire
et son architecture se trouvent à l'article abbaye du mont Saint-Michel.
Sommaire
* 1 Géographie
o 1.1 Le rocher
o 1.2 La baie
+ 1.2.1 La forêt de Scissy et l'invasion de la mer
+ 1.2.2 Les divagations des rivières
+ 1.2.3 Les plus importantes marées d'Europe
+ 1.2.4 La tangue
+ 1.2.5 Les sables mouvants
o 1.3 La digue
+ 1.3.1 Rappel de quelques données
+ 1.3.2 Construction de la digue-route en 1879
o 1.4 Communes limitrophes
o 1.5 Démographie
* 2 Administration municipale
* 3 Histoire et économie
o 3.1 Histoire
+ 3.1.1 Le temps des pèlerinages
+ 3.1.2 Le temps du tourisme
o 3.2 Monuments et lieux touristiques
+ 3.2.1 Patrimoine religieux
+ 3.2.2 Patrimoine civil
# 3.2.2.1 Fortifications
# 3.2.2.2 Habitations classées
* 4 Héraldique
* 5 Personnages célèbres
* 6 Gastronomie locale
* 7 Voir aussi
* 8 Liens externes
* 9 Notes
Géographie
Le mont Saint-Michel est donc un îlot rocheux situé à l'est
de l'embouchure du fleuve du Couesnon, rocher sur lequel a été
construit un sanctuaire en l'honneur de l'archange saint Michel à partir
de 709. Antérieurement à cette date, il fut connu comme le «
mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé
« mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli
in periculo mari).
Le rocher ne représente qu'une petite partie de la commune qui s'étend
aussi sur la digue et plusieurs dizaines d'hectares de polders. La partie essentielle
du rocher est couverte par l'emprise au sol de l'abbaye du mont Saint-Michel
et de son domaine.
Le mont Saint-Michel, situé à 48°38'10" de latitude
nord et à 1°30'40" de longitude ouest, baigne dans la baie du
mont Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L'îlot est une excroissance
granitique d'environ 960 mètres de circonférence, qui atteint
92 mètres d'altitude et offre une superficie émergée d'environ
280 ha, au dessus de laquelle s'élève l'abbaye.
En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi, avec
l'emphase de cette époque, mais qui rend encore bien compte de la réalité
: « Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire
qui semble s'affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait
prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel
[la flèche actuelle ne date que de 1899, n.d.l.r.], dominant son dais
de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes
solitudes l'environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées
dans de lointaines rives verdoyantes ou noires » (in L'Avranchin monumental
et pittoresque, t. 2, 1846, p. 310.)
La baie
Le mont Saint-Michel (l'îlot ou l'abbaye) a donné à son
tour son nom à la baie du mont Saint-Michel.
Elle est située entre la Bretagne (au Sud) et la péninsule normande
du Cotentin (à l'Est), la baie appartient au club des plus belles baies
du monde. Le marnage très important dans la région (plus de 10
mètres) permet à une grande partie de cette baie d'être
découverte à marée basse. Trois rivières se jettent
dans cette baie (et la traversent à marée basse): le Couesnon,
maintenant endigué à l'Ouest du Mont Saint-Michel, la Sée
et la Sélune. La très faible pente de la baie et l'important marnage
provoque par grande marée la formation d'un mascaret (barre)
dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans
les terres. Deux îlots granitiques se trouvent dans la Baie du Mont Saint-Michel,
Tombelaine et le Mont Saint-Michel.
La forêt de Scissy et l'invasion de la mer
Au temps des Gaulois, le mont Saint-Michel de même que le rocher de Tombelaine
voisin s'élevaient, dit-on, « au milieu de la forêt de Saint-Pair-sur-Mer,
car à cette époque, le rivage englobait Chausey, à plus
de 48 kilomètres de distance ». D'après cette légende,
le niveau du sol environnant se serait progressivement affaissé, engloutissant
la forêt à partir du IIIe siècle - lors de la transgression
flandrienne ; selon un manuscrit du XVe siècle, la marée d'équinoxe
de 709 particulièrement violente aurait porté le coup de grâce
à la forêt. Les études scientifiques menées par le
Centre de Recherche Archéologique d'Aleth1 et le Centre de Documentation
des Historiens Locaux de Gévezé2 ont aujourd'hui démontré
que l'existence de la forêt de Scissy relève du mythe.
Les divagations des rivières
Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des cours des trois
fleuves qui abreuvent encore la baie du mont Saint-Michel. Ces cours d'eau sont
: la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon qui, marquant autrefois
la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit dit-on soudainement
à couler à l'ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en
Normandie. En réalité, jusqu'au XVIIIe siècle, l'embouchure
de ce dernier se trouvait à 6 km du rocher. Ceci est donc une légende
qui amuse les habitants frontaliers qui savent que la frontière ne se
situe pas sur le Couesnon proprement dit mais sur la terre ferme à 4
km à l'ouest, au pied du massif de Saint-Brelade. Un vieux dicton local
a cependant immortalisé l'événement :
« Li Couesnon a fait folie
Si est le Mont en Normandie »
« Le Couesnon dans sa folie
A mis le Mont en Normandie »
Les plus importantes marées d'Europe
Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont de quoi impressionner
: d'une amplitude de près de 10 m les jours de fort coefficient, la mer
se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais
revient aussi vite. L'expression consacrée est « qu'elle revient
à la vitesse d'un cheval au galop ». La vérité est
qu'elle est plus proche de la vitesse d'un homme qui marche, mais elle a malheureusement
coûté la vie à beaucoup d'incrédules.
La tangue
Vue aérienne du mont
Vue aérienne du mont
Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux
des marées, mélangées aux coquillages brisés donne
naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé
par les paysans des environs pour amender leur sols.
Les sables mouvants
La baie présente la particularité d'être pratiquement plate
et donc sujette à l'envasement (sable mouvants, décrits de façon
spectaculaire par le texte de Victor Hugo « L'enlisement » dans
« Les Misérables », tome V, « Jean Valjean »,
chapitre V : « Pour le sable comme pour la femme il y a une finesse qui
est perfidie »). La traversée des grèves de la baie peut
s'avérer dangereuse en l'absence d'un guide expérimenté.
La traversée de la Sée et de la Sélune n'oppose qu'une
maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants
dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute
zone très plate, qui divaguent de jour en jour.
Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette
configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères),
causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement
: on ne peut marcher dans une vase thyxotropique, sans être aguerri, car
le sol se dérobe tout à la fois sous le mouvement et bloque si
on ne bouge pas. Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager
ses pieds au maximum et de nager à la force des bras ; la théorie
prévoit que l'on flotte, mais l'hypothermie tue si on ne se dégage
pas rapidement. Il faut noter qu'essayer d'empêcher une personne de s'enliser
en la tractant afin qu'elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque
son poids équivaut approximativement à celui d'une voiture dans
cette situation.
Beaucoup plus souvent des désagréments arrivent aux voitures
garées un peu trop longtemps sur des places un peu basses. Leur masse
volumique importante les enlise ; il est toujours inutile de les tracter, même
avec une voiture : il faut les dégager à la grue, après
avoir fluidifié le sable bloquant la voiture.
Les travaux de désensablement de la baie du mont Saint-Michel ont débuté
le vendredi 16 juin 2006.
La digue
Au fil des années, la baie du mont Saint-Michel fut sujette à
la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. L'action
la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible
par les Ponts et Chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités.
Cette digue et celle de la Roche-Torin précipitèrent l'ensablement
de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie
le mont au continent, ceci afin dendiguer cet ensablement qui menace l'insularité
du mont.
La digue d'accès construite au XIXe siècle, qui retient le sable,
aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait
cesser d'être une île.
Rappel de quelques données
La marée basse expose une boue épaisse sur les rives du Couesnon.
La marée basse expose une boue épaisse sur les rives du Couesnon.
La baie sétend de la Pointe du Grouin à la Pointe Champeaux
selon un axe Ouest-Est ; et le Canal du Couesnon de Pontorson, Beauvoir, au
barrage de la Caserne se prolonge en une digue vers le Nord jusquau Mont-Saint-Michel
(MSM),puis Tombelaine, le bec dAndaine et Saint-Jean-le-Thomas. À
lOuest, Cancale, à lEst, Avranches sur la Sée, au
nord de la Sélune.
L'estran dégage environ 6 km pour un marnage de 10 m en moyenne, sur
240 km². Ce marnage exceptionnel (un peu comme celui de la baie de Fundy)
est dû aux mêmes raisons : forme en entonnoir de la baie, pour une
onde progressive de marée qui se dirige vers la Manche et la mer du Nord,
et donc se heurte au Cotentin (donc impédance réflexive type quart
d'onde) plus la force de Coriolis toujours déviant à droite. Donc
très fort marnage ; et très logiquement le chenal montant n'est
pas le même que le chenal descendant ; d'où selon la force du vent
et bien d'autres paramètres (force du mascaret, profondeur du chenal,
tenue du sable (où fourmille la faune d'estran),une divagation des chenaux
de sortie des trois 'fleuves' principaux. En mer, le marnage est beaucoup plus
réduit !
Comme la baie d'Authie, la baie de la Somme, ou la baie de la Seine, la mer
ne cesse d'apporter des vases : 1,5 mm³/an environ. En effet,
la marée montante mobilise par forte tempête les fonds marins et
les déposent par sédimentation à marée descendante,
le rôle des diatomées n'étant sans doute pas neutre dans
ce processus : la slikke monte ; les herbes halophiles progressent, la salicorne
en tête, puis le schorre s'installe avec ces obiones, puccinella, asters
et autres laitues de mer: aux endroits où le schorre recule (cela arrive
aussi), on peut voir à certains endroits jusqu'à 1m de dépôts
récents déposés en lits, chronologiquement datés
par la marée de Vive eau. Ces dépôts sont du sable coquiller
et de la tangue (la tangue est ce calcaire blanc de granularité très
fine 20 microns qui va former le marais blanc de Dol (environ 20 m d'épaisseur
et(100km²). Au sud, l'eau à l'intérieur croupit et la tourbe
se forme (le marais noir) : 15 km². Les photographies fausses couleurs
révèlent immédiatement ce paysage. Sur les zones en formation,
on peut voir de manière assez caractéristique du point de vue
géologique, le chenal creusé dans la tourbe ancienne assez
résistante, le comblement de ce 'V' par la tangue, puis quand l'assèchement
progressif se produit, la tourbe se rétracte en s'affaissant laissant
apparaître la surélévation de la tangue (de 10 à
50 cm selon le chenal). L'analyse hydraulique du Guyoult confirme ce scénario
assez bien connu.
Se rajoute à ce phénomène naturel, la montée régulière
de la mer, de 1,2 mm/an, ce qui justifie depuis l'holocène récent
les 20m de dépôt du marais blanc et l'emprise à l'intérieur
des terres du Mont Dol.
Vient l'action de l'H : on a besoin de nourriture, donc d'agriculture, donc
de marais asséchés : il pleut trop ; il faut évacuer l'eau
; on ne cessera de favoriser l'écoulement de l'eau par drainage. Les
moines y passeront leur Moyen Âge. Il faut se chauffer : les lambeaux
de forêt disparaissent. Ceci dit, le phénomène est global
à toute l'Europe : l'immense forêt tempérée a disparu,
comme vont disparaître celles de la savane et tropicale actuellement pour
les mêmes raisons.
C'est donc, via les premières digues et vannes, l'empêchement
de la mer à monter sur le schorre à pleine mer, et l'écoulement
d'eau douce vers la mer en Basse mer ; premiers pas vers la conquête de
nouvelles terres : symboliquement, de 1769 à 1969 : deux cents ans de
poldérisation.
Henri Bertin contemporain de Turgot et des physiocrates croit à la domination-domestication
de la Nature : concession est accordée à tout demandeur de mer
à poldériser ; on a vu et admiré le travail hollandais.
Quinette de la Hague se voit concéder de la Roche Torin à l'Est
jusqu'à Broladre : hélas, 30 ans à peine, et la mer et
les divagations du Couesnon ont détruit toutes les digues, placées
bien trop au large.
Deuxième tentative en 1856 : Mosselmann se voit attribuer cette fois
de la chapelle Sainte-Anne jusqu'à la Roche Torin en passant juste au
niveau de la Merveille. On canalise le Couesnon jusqu'au barrage de la Caserne
et c'est gagné : les polders progressent le long du trait Sainte-Anne
Mont-Saint-Michel ; tout un parcellaire est formé, jusqu'en 1934 au bord
du chenal du Couesnon et du Barrage. Entre temps, l'île a cessé
d'être une prison (Louis Auguste Blanqui et Armand Barbès y furent,
entre autres, enfermés) et l'on songe de plus en plus à régulariser
le déplacement des pèlerins vers le Mont-Saint-Michel. Une décision
importante pour l'avenir du mont est prise.
Construction de la digue-route en 1879
Édifices anciens du Mont saint-Michel
Édifices anciens du Mont saint-Michel
À peine finie, querelles et protestations de toutes sortes (Clemenceau
(1881) par anticléricalisme : dépenser de l'argent pour des moines
! Victor Hugo (janvier 1884) par symbolique de l'île, de Maupassant (juil
1884) et une foule d'autres) sont exprimées. Mais bientôt le train
arrive (il restera jusqu'en 1918). Le canal sert de réserve d'eau douce
en été ; il permet d'éviter l'inondation de Pontorson ;
il aide à la sédimentation du marais blanc. Le schorre (les herbus
ou prés-salés) s'étend. Après la Seconde Guerre
mondiale, où l'armée allemande a délibérément
inondé (en eau de mer !) les polders, il faut reconstruire, et on repoldérise
cette fois aussi en rive droite du Couesnon.
Un immense projet (Centre d'études des Marées) voit le jour :
séparer la baie en deux bassins, un à l'ouest et l'autre à
l'est et jouer de la marée et du Couesnon convenablement orienté
vers deux déversoirs pour faire une immense centrale hydroélectrique
de marée. Au nom du progrès ! Heureusement cela ne sortira des
cartons qu'en miniature (l'usine de la Rance) : les ostréiculteurs et
les mytiliculteurs ont eu gain de cause (et actuellement bien que le naissain
vienne toujours de Marennes, l'essentiel de la production française de
moules est celle des Hermelles juste au nord de Le Vivier-sur-Mer).
1969 : le péril Vert est écarté ! On prend conscience
de la valeur patrimoniale du site, et surtout pécuniaire : le tourisme
est lancé et ne s'arrêtera plus (3,3 millions de touristes en 2005,
on en prévoit 10 millions en 2010) : il faut à la fois un parking
et que l'île reste île. 1972 : l'île est inscrite au Patrimoine
Mondial, au titre de l'Art, et au titre de la Culture. La loi Littoral est votée.
1983 : très symboliquement, François Mitterrand vient non pas
poser la première pierre, mais ôter la première pierre de
la digue (submersible) de la Roche Torin. Dès 1975, l'ingénieur
Mignot avait très rigoureusement analysé la baie et comparé
avec les relevés de 1958 (qui étaient plus approximatifs : la
slikke ne dépendait ni du SHOM ni de l'IGN). De 1975 à 1995, se
feront des études en bassin (la SOGREAH, qui s'occupe aussi de la Somme).
Pas faciles, ces études en bassin : la nacre pilée et la sciure
remplacent le sable, il faut ajuster convenablement les débits des rivières,
des pluies, de l'évapo-transpiration et du cycle des marées, caler
les paramètres du modèle réduit puis passer de la rétrospective
à la prospective. On se trompe, on rectifie avec observations sur le
terrain ; on passe des thèses. Bref 1995 : les études sont déclarées
honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les
codes de calcul : on peut monter la Commission du Mont-Saint-Michel, qui doit
préserver son insularité et faire arriver des touristes payants
régulés :
D'où le projet (voir aussi Projet Mont-Saint-Michel) :
* suppression du parking : il sera ramené au sud du barrage de la Caserne
(en cours de reconstruction), et une navette spéciale amènera
le quidam par une belle route-passerelle au Mont ; dans le futur, une gare SNCF
sera construite avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3)
;
* Côté île : on sait bien maintenant qu'on ne peut lutter
contre la Nature ; il faut ruser ; la ruse c'est de faire que le Couesnon soit
chenalisé de part et d'autre du MSM, 2/3 à l'Ouest en Bretagne
et 1/3 à l'Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse
de 700 000 m³. Des échelles à poissons sont prévues,
pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). L'écosystème
sera préservé : pour conserver les 40 crapauds mâles, on
a déjà enlisé une excavatrice dans la vase, qu'il a fallu
extraire à la grue et non pas en traction (voir ci-dessus : sables mouvants)
: cette excavatrice devait faire les mares nécessaires avant de pouvoir
dégager et curer le Couesnon. Évidemment, l'entrée d'eau
de mer se fera via l'eau de surface (beaucoup moins turbide) et la chasse sera
brutale pour bien évacuer, selon des chenaux régulés, toute
la vase et donner un « bel aspect » au MSM, débarrassé
de son encombrant parking, mais entouré de douves naturelles.
Du coup, on barre la route aux halophytes comme la salicorne, puisque le schorre
sera contenu, et on ouvre la route à la navette des néophytes.
Le coût des travaux a augmenté au fil du temps : 72 M€ en
1999, puis 94, puis 134, puis, crise du pétrole aidant, 220 M€ en
2004 : pendant ce temps, la vase s'accumule et cela à raison de 2,6 mm/an
maintenant, sur 240 km².
Communes limitrophes
Les communes limitrophes de celle du Mont-Saint-Michel sont Beauvoir et Pontorson
dans la Manche (en Normandie) d'une part, et Roz-sur-Couesnon et Saint-Georges-de-Gréhaigne
(en Bretagne) d'autre part. Ardevon, anciennement limitrophe du Mont-Saint-Michel,
de Beauvoir et de Pontorson a fusionné en 1972 avec la commune de Pontorson.
Démographie
Évolution de la population domiciliée 1962 1968 1975 1982 1990
1999 2006
132
105 114 80 72
46 43
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes
Évolution des naissances 1956-1962 1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990
1990-1999
xx 13 16 8 6 4
Évolution des décès 1956-1962 1962-1968 1968-1975 1975-1982
1982-1990 1990-1999
xx 6 6 4 5 3
La commune accueille jusqu'à 20 000 visiteurs par jour pendant la saison
estivalle. Parmi les 43 Montois dénombrés en 2006 il y a 12 moines.
Administration municipale
Liste des maires successifs Période Identité Parti Qualité
1995-2001 Éric Vannier
mars 2001 Patrick Gaulois
Les données antérieures ne sont pas encore connues.
L'histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l'histoire
de l'abbaye elle-même, nous renvoyons l'article consacré à
l'abbaye du mont Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et
romaine.
Le temps des pèlerinages
Le village, implanté sur le mont en 709, s'est développé
à l'ombre de son abbaye médiévale. Au nord de l'église
Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d'uvre
de l'architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc
de rocher.
L'économie du Mont a donc été tributaire, pendant douze
siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment
jusqu'à la Révolution française. On venait de toute l'Europe
du nord en pèlerinage à l'abbaye : depuis l'Angleterre, la France
du nord et de l'ouest, etc. Un réseau de routes moitoises a été
récemment étudié et remis en valeurs, notamment à
cause de l'attrait touristique important que représente le site et sa
baie :
Le temps du tourisme
Déjà depuis le XIXe siècle, les auteurs et peintres romantiques
venaient au Mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques,
tel Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels
sont établis au Mont. Dans la deuxième moitié du XXe siècle,
la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite
commune normande l'une des premières destinations touristiques de France.
On compte aujourd'hui trois millions de visiteurs annuels, dont un tiers seulement
monte jusqu'à l'abbaye. Le temps moyen de visite est de 2 à 3
heures et il y a jusqu'à 20 000 visiteurs par jour en période
estivale.
Monuments et lieux touristiques
De nombreux immeubles du site sont, à titre individuel, classés
au titre des monuments historiques.
Patrimoine religieux
Le réfectoire
Le réfectoire
Par ordre d'importance, c'est bien sûr l'abbaye elle-même qui impose
sa fière allure et sa magnifique architecture à plusieurs dizaines
de kilomètres alentour. Mais il existe d'autres monuments religieux sur
le rocher :
* la chapelle Notre-Dame-sous-Terre (voir abbaye du Mont Saint-Michel)
* l'abbaye du Mont Saint-Michel
* l'église paroissiale Saint-Pierre. À l'origine, c'était
l'église des habitants du Mont, les Montois. Saint-Pierre a conservé
son titre de paroisse et se distingue encore aujourd'hui au spirituel - comme
autrefois - de l'abbaye. Elle est desservie par un curé nommé
par l'évêque de Coutances. L'église a gardé quelques
vestiges du XIe siècle, dans ses piliers, mais d'une manière générale,
elle appartient aux XVe et XVIe siècles. Sa nef ne possède qu'un
seul bas-côté, ce qui décentre son chur vers la gauche.
Munie d'un petit clocher, elle est riche de beaux objets cultuels : un vitrail
du XVe siècle, un gisant médiéval décapité,
un autel et son rétable à colonnes daté de 1660, des fonts
baptismaux primitifs du XIIIe siècle; une Vierge à l'Enfant et
une Éducation de la Vierge (Sainte Anne enseignant à Marie) des
XVe - XVIe siècles. Enfin, une copie de la statue de saint Michel. L'église
Saint-Pierre, qui est encore entourée de son cimetière, est inscrite
depuis 1909 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques
(ISMH).
* la chapelle Saint-Aubert
* la fontaine Saint-Aubert
Patrimoine civil
Fortifications
La flèche du Mont Saint-Michel vue de la cour de labbaye
La flèche du Mont Saint-Michel vue de la cour de labbaye
La ville actuelle est l'une des rares villes françaises à avoir
conservé l'ensemble de ses fortifications médiévales. Cette
enceinte urbaine date des XIIIe et XVe siècles. Elles est entièrement
classée (MH). La muraille se compose de courtines flanquée de
tours semi-circulaires et d'une tour bastionnée :
* la tour Claudine
* la tour du Nord
* la tour de la Liberté
* la tour de lArcade
* la tour du Roi
* la tour Boucle (bastionnée)
Le chemin de ronde et les parapets sont du XVe siècle ainsi que divers
ouvrages de défense comme :
* la porte du Roi
* lAvancée et sa porte
* le Boulevard et sa porte
* le corps de garde des Bourgeois (XVIe siècle)
L'enceinte des Fanils, qui continue les murs du Monteux, de Cantilly et de
la Pillette, date du XVIe siècle, avec la tour Gabriel, qui porte en
son chef un moulin à vent.
Habitations classées
* maison de lArtichaut
* maison de la Coquille
* maison de la Licorne
* maison au Pot de Cuivre
* maison de la Truie qui File
* logis de Saint-Aubert
* logis de Tiphaine Raguenel
* logis Saint-Symphorien
* hôtel du Dauphin
* hôtel du Mouton-Blanc
* hôtel de la Mère Poulard
* hôtel Saint-Pierre (restauré conformément à lancienne
maquette)
Personnages célèbres
* Robert de Thorigny, célèbre abbé du Mont
* Guillaume de Saint Pair, moine de labbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel
* Louis-Philippe Ier, venu démolir les tristement célèbres
« cages de fer »
* Louis Auguste Blanqui, prisonnier politique au Mont
* Armand Barbès, prisonnier politique au Mont
* Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye
* la Mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous)
Gastronomie locale
Le mont Saint-Michel se situe à l'embouchure du Couesnon, frontière
naturelle séparant la Normandie de la Bretagne. Côté terre,
des aménagements de digues datant déjà anciens ont permis
jusqu'à aujourd'hui de gagner sur la mer des terrains consacrés
à l'agriculture et à l'élevage (dont celui des ovins, qualifiés
de moutons de pré-salé). Le mouton ou lagneau de pré-salé
est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence
grillé au feu de bois.
Une grande activité médiatique, à laquelle a participé
de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation
de lomelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé
dans le village et réputé pour cette spécialité).
Celle-ci est faite d'ufs et de crème fraîche, abondamment
battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme
spécial que peuvent entendre les passants avant dêtre cuite
dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
source : encyclopédie libre wikipédia